Lexique du pèlerinage : 100 mots du pèlerin
Le lexique du pèlerinage mêle le latin de la liturgie, l’espagnol des chemins de Saint-Jacques et le parler des sanctuaires. Cent mots suffisent à suivre une messe internationale, à lire un topoguide ou à comprendre un hospitalero. Chacun reçoit une définition courte et l’usage qu’en font les marcheurs et les fidèles des sanctuaires.
A
- Abbaye
- Monastère dirigé par un abbé ou une abbesse. Beaucoup d’abbayes accueillent encore les marcheurs pour une nuit ou une retraite.
- Accueil chrétien
- Hébergement chez des particuliers ou des paroisses, en échange d’une participation libre, avec souvent une prière partagée le soir.
- Albergue
- Gîte pour pèlerins en Espagne, public, paroissial ou privé, en dortoir. Les publiques ne prennent pas de réservation.
- Année sainte
- Année de grâce marquée par l’ouverture d’une porte jubilaire. À Santiago, l’année jacquaire revient quand le 25 juillet tombe un dimanche.
- Apparition
- Manifestation rapportée de la Vierge, du Christ ou d’un saint. L’Église n’en reconnaît qu’un petit nombre, après une longue enquête de l’évêque du lieu.
- Assomption
- Élévation de Marie au ciel, corps et âme, fêtée le 15 août. Le dogme a été proclamé en 1950.
- Aumônier
- Prêtre chargé de l’accompagnement spirituel d’un groupe, d’une hospitalité ou d’un mouvement de pèlerins.
B
- Balisage
- Marques peintes qui guident le marcheur : rouge et blanc sur les GR, flèche jaune et coquille stylisée en Espagne.
- Basilique
- Titre honorifique accordé par le pape à une église remarquable. Une basilique n’est pas forcément une cathédrale.
- Bénédiction du pèlerin
- Prière dite par un prêtre sur ceux qui partent. Elle se donne souvent à la fin de la messe, sac au dos.
- Botafumeiro
- Encensoir géant de la cathédrale de Santiago, balancé à travers le transept par huit hommes, les tiraboleiros.
- Bourdon
- Grand bâton du pèlerin, terminé par une pointe ferrée et souvent une gourde. Il a laissé place aux bâtons télescopiques, sans disparaître ; je garde le mien en châtaignier.
- Brancardier
- Bénévole qui transporte et accompagne les malades dans les sanctuaires, reconnaissable à ses bretelles de cuir.
- Buen camino
- « Bon chemin » : salut échangé entre pèlerins et habitants sur les routes d’Espagne, à toute heure.
C
- Calvaire
- Croix monumentale dressée au bord d’un chemin ou sur une place, parfois entourée de personnages sculptés.
- Chapelet
- Cordon de cinquante grains, divisé en dizaines, pour réciter les Je vous salue Marie. Quatre chapelets forment le rosaire.
- Châsse
- Coffre précieux qui contient les reliques d’un saint, sorti en procession lors des fêtes.
- Chemin de croix
- Prière en quatorze stations qui suit la Passion du Christ, de sa condamnation à sa mise au tombeau.
- Cierge
- Bougie de cire offerte et allumée devant une statue ou une grotte. Elle prolonge la prière du pèlerin après son départ.
- Confession
- Nom courant du sacrement de réconciliation. Les sanctuaires prévoient de longues plages horaires et des prêtres de plusieurs langues.
- Coquille
- Signe des pèlerins de Saint-Jacques depuis le Moyen Âge, ramassée autrefois sur les côtes de Galice, accrochée aujourd’hui au sac.
- Crédenciale
- Carnet du pèlerin, tamponné à chaque étape. Il ouvre les portes des gîtes et prouve le parcours au bureau d’accueil de Santiago.
- Croix de fer
- Cruz de Ferro, croix plantée au sommet des monts de León où chaque marcheur laisse un caillou venu de son pays.
- Crypte
- Chapelle souterraine d’une église, souvent bâtie autour d’un tombeau ou de reliques.
D
- Dais
- Toit de tissu porté sur quatre ou six hampes au-dessus du Saint-Sacrement lors des processions.
- Dévotion
- Forme particulière de piété envers un saint, un mystère ou une image : dévotion au Sacré-Cœur, à saint Joseph, à la Vierge.
- Dicastère
- Ministère du Saint-Siège. Celui de la doctrine de la foi encadre le discernement des phénomènes surnaturels.
- Donativo
- Participation libre demandée par certains gîtes espagnols. Elle couvre les frais réels et la nuit du pèlerin suivant.
E
- Ermitage
- Lieu isolé où vit un ermite, ou petite chapelle à l’écart, souvent but d’une marche d’une journée.
- Eucharistie
- Sacrement du corps et du sang du Christ, cœur de toute journée de pèlerinage catholique.
- Ex-voto
- Plaque, tableau ou objet offert en remerciement d’une grâce reçue. Certains sanctuaires en couvrent des murs entiers.
- Exode
- Sortie d’Égypte du peuple hébreu, modèle biblique de la marche vers une terre promise.
F
- Fête patronale
- Fête du saint protecteur d’une paroisse ou d’un village, occasion de processions locales.
- Finisterre
- Cap galicien, à trois ou quatre jours de marche de Santiago, où beaucoup prolongent le Chemin jusqu’à l’océan.
- Flèche jaune
- Signe peint sur les murs et les pierres qui indique la direction de Santiago, imaginé par un prêtre du Cebreiro dans les années 1980.
G
- Gîte d’étape
- Hébergement simple en dortoir sur les sentiers de France, souvent avec demi-pension.
- Grâce
- Don gratuit de Dieu. Les pèlerins viennent « demander une grâce » ou « rendre grâce ».
- Grotte
- Lieu naturel de prière, à l’image de Massabielle, où la Vierge est apparue selon la tradition reconnue par l’Église.
H
- Hospitalero
- Bénévole ou gérant qui accueille les pèlerins dans une albergue, tamponne la crédenciale et veille au calme du dortoir.
- Hospitalité
- Association de bénévoles au service des malades lors des pèlerinages diocésains ou nationaux.
- Hostie
- Pain sans levain consacré lors de la messe, exposé dans l’ostensoir pour l’adoration.
- Hymne
- Chant liturgique en strophes. Chaque grand rassemblement possède désormais le sien.
I
- Icône
- Image sacrée peinte selon les règles de la tradition byzantine, vénérée en Orient comme en Occident.
- Indulgence
- Remise de la peine due aux péchés déjà pardonnés, accordée par l’Église sous conditions : confession, communion, prière aux intentions du pape.
- Intention
- Raison pour laquelle on prie ou on part : un malade, un deuil, une décision. Beaucoup les écrivent sur un papier déposé au sanctuaire.
- Invocation
- Courte prière répétée, comme « Notre-Dame, priez pour nous », chantée pendant les processions.
J
- Jacquaire
- Qui concerne saint Jacques et son pèlerinage : chemin jacquaire, association jacquaire, accueil jacquaire.
- Jacquet
- Nom familier du pèlerin de Saint-Jacques, en usage depuis des siècles.
- Jubilé
- Année ou période de pardon et de pèlerinage, ouverte par le pape ou par l’Église locale.
L
- Laudes
- Prière du matin de la liturgie des heures, chantée dans les monastères au lever du jour.
- Litanies
- Longue suite d’invocations brèves avec une réponse répétée, comme les litanies des saints.
- Liturgie des heures
- Prière officielle de l’Église qui rythme la journée : laudes, milieu du jour, vêpres, complies.
M
- Magnificat
- Cantique de Marie dans l’Évangile de Luc, chanté chaque soir aux vêpres.
- Médaille
- Petite pièce frappée à l’effigie d’un saint ou de la Vierge, bénie et portée au cou. La plus répandue est la médaille miraculeuse.
- Messe des pèlerins
- Messe quotidienne célébrée à l’intention des pèlerins arrivés, avec l’annonce de leurs pays d’origine.
- Miracle
- Fait extraordinaire attribué à Dieu. L’Église ne reconnaît un miracle qu’après examen médical et théologique.
- Montjoie
- Colline ou tas de pierres d’où le pèlerin aperçoit enfin le but de son voyage. À Santiago, le Monte do Gozo.
- Mystère
- Épisode de la vie du Christ ou de Marie médité pendant une dizaine de chapelet.
N
- Nef
- Partie centrale d’une église, entre l’entrée et le chœur, où se tiennent les fidèles.
- Neuvaine
- Prière répétée pendant neuf jours consécutifs, souvent avant une fête ou pour une intention précise.
- Notre-Dame
- Titre donné à la Vierge Marie, suivi du nom du lieu ou du mystère : Notre-Dame de Grâces, de la Garde, du Rosaire.
O
- Oblat
- Laïc rattaché à un monastère qui en partage l’esprit sans y vivre.
- Octave
- Huit jours de fête qui prolongent une grande solennité, comme Pâques.
- Offrande
- Don en argent ou en nature remis au sanctuaire, souvent pour une messe ou un cierge.
- Oratoire
- Petit édicule de prière au bord d’une route, fréquent en Provence et dans les Alpes.
- Ostensoir
- Pièce d’orfèvrerie en forme de soleil où l’on expose l’hostie consacrée.
P
- Pardon
- Pèlerinage breton annuel en l’honneur d’un saint, avec messe, procession de bannières et fête profane.
- Pèlerin
- Du latin peregrinus, l’étranger : celui qui quitte son pays pour un lieu saint.
- Pénitence
- Effort accepté en esprit de conversion. Le pèlerinage médiéval était souvent imposé comme pénitence.
- Piscines
- Bains où les pèlerins se plongent dans l’eau de la source, aidés par des hospitaliers.
- Porte sainte
- Porte ouverte seulement pendant un jubilé ; la passer exprime la conversion, l’entrée dans une existence renouvelée.
- Prieuré
- Petite communauté monastique dépendant d’une abbaye, souvent étape des chemins médiévaux.
- Procession
- Marche collective et priante derrière une croix, une statue ou le Saint-Sacrement.
Q
- Quête
- Collecte faite pendant la messe, qui fait vivre les sanctuaires et leurs accueils.
R
- Recteur
- Prêtre responsable d’un sanctuaire, nommé par l’évêque.
- Reliquaire
- Contenant, parfois très orné, qui expose une relique.
- Relique
- Reste du corps d’un saint ou objet lui ayant appartenu, vénéré par les fidèles.
- Retraite
- Temps de silence et de prière de quelques jours, souvent dans un monastère.
- Rogations
- Processions de printemps à travers les champs pour demander de bonnes récoltes.
- Romieu
- Au Moyen Âge, pèlerin se rendant au tombeau de l’apôtre Pierre.
- Rosaire
- Prière de vingt dizaines méditant les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux.
S
- Sacrement des malades
- Onction donnée aux malades et aux personnes âgées, souvent célébrée en grand nombre dans les sanctuaires.
- Saint patron
- Saint choisi comme protecteur d’une personne, d’un métier ou d’une ville.
- Sanctuaire
- Lieu saint reconnu par l’évêque, où les fidèles viennent en nombre.
- Scapulaire
- Deux petits carrés de tissu reliés par des cordons, portés en signe de consécration à la Vierge.
- Sello
- Tampon espagnol apposé sur la crédenciale par les gîtes, les églises et les bars du Chemin.
- Source
- Eau jaillie près d’un lieu d’apparition, que les pèlerins boivent et emportent.
- Station
- Arrêt de prière, dans un chemin de croix ou au cours d’une procession.
T
- Tampon
- Cachet apposé sur le carnet du pèlerin, preuve de passage et souvenir.
- Te Deum
- Hymne latine d’action de grâce, chantée lors des grandes fêtes.
- Thaumaturge
- Saint à qui la tradition attribue de nombreux miracles.
- Translation
- Transfert solennel des reliques d’un saint d’un lieu à un autre, souvent fêté chaque année.
- Tympan
- Espace sculpté au-dessus d’un portail roman ou gothique, souvent un Jugement dernier.
U
- Ultreïa
- Cri d’encouragement des pèlerins de Saint-Jacques, « plus loin ! », repris dans un chant célèbre.
- Urbi et orbi
- Bénédiction solennelle du pape « à la ville et au monde », à Noël et à Pâques.
V
- Veillée
- Prière du soir prolongée, avec chants et adoration, temps fort des rassemblements de jeunes.
- Vêpres
- Prière du soir de la liturgie des heures, chantée au coucher du soleil.
- Visitation
- Visite de Marie à sa cousine Élisabeth, fêtée le 31 mai, figure du pèlerin qui se met en route.
- Vœu
- Promesse faite à Dieu, parfois accomplie par un pèlerinage, comme les marches nées d’une naissance attendue.
- Voie
- Grand itinéraire historique vers un lieu saint, comme les quatre voies françaises vers Saint-Jacques.
Questions de pèlerins
Comment appelle-t-on un pèlerin de Saint-Jacques ?
On parle de jacquet, de jacquaire ou simplement de pèlerin de Compostelle. En Espagne, on dit peregrino, et les marcheurs se saluent par « buen camino ».
Que veut dire ultreïa ?
Le mot vient du latin et signifie « plus loin », « au-delà ». Les pèlerins de Saint-Jacques s'en servent comme d'un cri d'encouragement mutuel.
Quelle différence entre un chapelet et un rosaire ?
Le chapelet compte cinq dizaines de Je vous salue Marie. Le rosaire en réunit vingt, réparties entre quatre séries de mystères.
D'où vient le mot pèlerin ?
Il vient du latin peregrinus, l'étranger, celui qui traverse les champs. Au Moyen Âge, le terme désigne celui qui voyage vers un lieu saint.