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Chemins de Compostelle : itinéraires, histoire et préparation

Par Jacques · mis à jour le 26 octobre 2026 · 5 min de lecture

Façade baroque de l'Obradoiro de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle et ses deux tours, vue depuis la place
La cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle face à la place de l'Obradoiro. Source : Wikimedia Commons / Fernando Pascullo / CC BY-SA 4.0

Le chemin de Compostelle désigne l’ensemble des routes qui convergent vers la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice, où la tradition situe le tombeau de l’apôtre Jacques le Majeur. On peut partir de sa porte, du Puy-en-Velay, de Saint-Jean-Pied-de-Port ou des cent derniers kilomètres espagnols : chaque point de départ donne un pèlerinage différent, de quelques jours à plusieurs mois.

Un tombeau, une ville, mille ans de marcheurs

La tradition rapporte que Jacques, l’un des Douze, aurait évangélisé l’Hispanie avant d’être mis à mort vers 44, puis que ses disciples auraient ramené son corps par la mer jusqu’en Galice. Au IXe siècle, la découverte d’un tombeau dans un champ de Galice est attribuée à un ermite guidé par une lumière, puis reconnue par l’évêque d’Iria Flavia. Le roi des Asturies fait bâtir une première église, et la cité qui naît autour prend le nom de Compostelle.

Le Livre V du Codex Calixtinus, compilé au XIIe siècle, sert de guide aux marcheurs : il décrit les étapes, les sanctuaires à vénérer en chemin, les rivières dangereuses et les peuples rencontrés. Le manuscrit nomme quatre routes françaises, toujours suivies aujourd’hui. Après un long déclin à l’époque moderne, la marche vers Santiago renaît dans la seconde moitié du XXe siècle, portée par les associations jacquaires, le balisage des sentiers et l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO : le chemin espagnol en 1993, les chemins de France en 1998.

Les quatre voies françaises

  • La voie de Tours, ou via Turonensis, part de Paris et passe par Orléans, Tours, Poitiers et Bordeaux, en terrain plutôt plat.
  • La voie de Vézelay, ou via Lemovicensis, traverse le Limousin et le Périgord, avec des étapes plus longues et moins de services.
  • La voie du Puy, ou via Podiensis, balisée en GR 65 : environ 755 km par l’Aubrac, Conques, Figeac, Cahors et Moissac. C’est la plus fréquentée de France.
  • La voie d’Arles, ou via Tolosana, relie la Provence à Toulouse puis franchit les Pyrénées au col du Somport.

Les trois premières se rejoignent près d’Ostabat, au Pays basque, avant Saint-Jean-Pied-de-Port. La quatrième entre en Aragon et rejoint le tracé principal à Puente la Reina.

Les grandes routes espagnoles et portugaises

De l’autre côté des Pyrénées, le Camino francés concentre la majorité des pèlerins : environ 780 km entre Saint-Jean-Pied-de-Port et la cathédrale, par Pampelune, Burgos, la Meseta et León. D’autres itinéraires gagnent du terrain :

  • le chemin portugais, depuis Lisbonne ou Porto, en version intérieure ou côtière ;
  • le chemin du Nord, le long de la côte cantabrique, plus vert et plus vallonné ;
  • le chemin primitif, depuis Oviedo, réputé pour ses dénivelés ;
  • la Vía de la Plata, de Séville vers le nord, longue et chaude en été ;
  • le chemin anglais, depuis Ferrol ou La Corogne, souvent choisi pour une semaine.

Le Bureau des pèlerins de la cathédrale a délivré plus de 500 000 Compostela en 2025, un niveau jamais atteint. Une bonne part des marcheurs ne parcourt que la dernière centaine de kilomètres, à partir de Sarria.

Combien de temps et à quelle saison

Un marcheur en forme couvre 20 à 25 km par jour. Le GR 65 se boucle en cinq semaines environ, le Camino francés en quatre à cinq semaines, la section Sarria–Santiago en cinq ou six jours. Beaucoup découpent la route sur plusieurs années, une ou deux semaines à chaque congé, en reprenant là où ils s’étaient arrêtés.

Départ Distance approximative Durée à pied
Le Puy-en-Velay → Saint-Jean-Pied-de-Port 755 km 30 à 35 jours
Saint-Jean-Pied-de-Port → Santiago 780 km 30 à 35 jours
León → Santiago 310 km 13 à 15 jours
Sarria → Santiago 115 km 5 à 6 jours

Mai, juin et septembre offrent le meilleur compromis entre météo et affluence. Juillet et août attirent les familles et les étudiants : les gîtes se remplissent tôt dans l’après-midi et la chaleur pèse dans le Quercy comme sur la Meseta. L’hiver reste possible, mais une partie des hébergements ferme et certains passages de montagne deviennent délicats.

Crédenciale, tampons et arrivée à Santiago

Le pèlerin voyage avec sa crédenciale, carnet couvert au fil des jours des cachets de gîtes, d’églises, de mairies ou de cafés. Elle donne accès aux hébergements réservés aux pèlerins et sert de preuve du parcours. À l’arrivée, l’Oficina de Acogida al Peregrino délivre la Compostela à ceux qui ont parcouru au moins 100 km à pied ou à cheval, ou 200 km en selle, dans un esprit religieux ou spirituel, avec au moins deux tampons par jour.

La messe des pèlerins, à la cathédrale, clôt le voyage pour beaucoup. Quand le 25 juillet, fête de saint Jacques, tombe un dimanche, l’année est déclarée sainte à Compostelle ; la prochaine tombe en 2027, ce qui annonce des chemins très chargés.

Préparer son départ

La préparation tient en trois chantiers. Le corps : quelques semaines de sorties longues avec le sac chargé, pour éprouver chaussures et chaussettes. Le matériel : un sac du pèlerin de 30 à 40 litres qui pèse, chargé, autour de 10 % de votre poids. L’intention : savoir pourquoi l’on part, même si la réponse change en route.

Côté logistique, les gîtes communaux et les albergues municipaux fonctionnent souvent sans réservation, tandis que les gîtes privés et les chambres d’hôtes se réservent la veille ou plus tôt en haute saison. Sur la voie du Puy, j’appelais en général le matin pour le soir même, sauf autour de Conques où tout se remplit vite.

Il existe aussi des façons plus légères de vivre le chemin : portage des bagages d’étape en étape, séjours organisés avec hébergement réservé, pèlerinages diocésains qui parcourent une portion en groupe avec un prêtre. Rien n’oblige à partir seul et pour deux mois.

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Questions de pèlerins

Combien de temps faut-il pour faire le chemin de Compostelle ?

Depuis Le Puy-en-Velay jusqu'à Santiago, comptez environ deux mois et demi de marche, soit plus de 1 500 km. Depuis Saint-Jean-Pied-de-Port, quatre à cinq semaines suffisent. Pour la Compostela, cinq ou six jours depuis Sarria remplissent la condition des 100 km.

Quel est le chemin de Compostelle le plus facile ?

La voie de Tours, en France, et le chemin portugais depuis Porto présentent le moins de dénivelé. Sur le Camino francés, la Meseta entre Burgos et León est plate, mais exposée au soleil et au vent. La facilité dépend aussi des services disponibles : la voie du Puy en compte beaucoup.

Peut-on faire le chemin de Compostelle sans être croyant ?

Oui, une grande partie des marcheurs se dit en recherche ou sans religion. La Compostela demande une démarche religieuse ou spirituelle ; pour une motivation purement sportive ou culturelle, le bureau propose un certificat distinct. Les gîtes accueillent tout le monde.

Quel est le meilleur mois pour partir sur le chemin ?

Mai, juin et septembre sont les mois les plus appréciés : températures douces, jours longs, hébergements ouverts. Juillet et août sont plus chauds et plus fréquentés. D'avril à mi-mai, la pluie reste fréquente sur l'Aubrac et en Galice.

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