Le pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer
Le pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer se tient chaque année les 24 et 25 mai, en Camargue : le 24, les gitans portent la statue de sainte Sara jusqu’à la mer ; le 25, la barque des saintes Marie Jacobé et Marie Salomé fait le même trajet, escortée par les gardians à cheval. Un second pèlerinage, plus intime, a lieu le dimanche le plus proche du 22 octobre. En 2027, celui de mai tombe un lundi et un mardi, celui d’octobre les 23 et 24.
La tradition des saintes Maries
La tradition provençale rapporte qu’après la Résurrection, un groupe de disciples du Christ fut chassé de Palestine sur une barque sans voile ni rames. La barque aurait accosté en Camargue avec à son bord Marie Jacobé, mère de l’apôtre Jacques le Mineur, Marie Salomé, mère de Jacques le Majeur et de Jean, et, selon les versions, Lazare, Marthe, Marie-Madeleine et Maximin. Les uns partent évangéliser la Provence : Marthe à Tarascon, Marie-Madeleine vers le massif de la Sainte-Baume. Les deux Maries restent sur le rivage, où elles meurent et sont ensevelies.
Sara occupe une place à part. Pour une partie de la tradition, elle était la servante des saintes ; pour une autre, une femme du pays qui les accueillit à leur arrivée. Elle n’a jamais été canonisée, mais les gitans, manouches et roms l’ont adoptée comme leur patronne, et l’Église accueille cette dévotion populaire.
En 1448, sous le roi René, des fouilles menées dans l’église mettent au jour des ossements reconnus comme ceux des saintes. Ils sont placés dans des châsses, conservées depuis dans la chapelle haute de l’église.
L’église forteresse
L’église Notre-Dame-de-la-Mer, romane, a été fortifiée au Moyen Âge contre les raids venus de la mer : créneaux, chemin de ronde, nef unique et sombre. On y descend dans la crypte où se tient la statue de Sara, entourée de centaines de cierges, de robes et de manteaux déposés par les fidèles. On peut monter sur le toit-terrasse pour une vue sur la Camargue et la Méditerranée. Au-dessus du chœur, la chapelle haute abrite les châsses des saintes, qui ne descendent que lors des pèlerinages.
Le déroulement des 24 et 25 mai
Le 24 mai, jour de Sara
Dès les jours précédents, les familles de voyageurs arrivent de toute l’Europe et installent leurs caravanes autour du village. Le 24 au matin, la messe des pèlerins réunit la foule. L’après-midi a lieu la descente des châsses : depuis la chapelle haute, les reliquaires sont descendus lentement au bout de cordes jusqu’au chœur, au milieu des chants, des cierges tendus et des cris « Vivent les saintes Maries ! ». Puis la statue de Sara sort de la crypte, portée par les gitans, et part en procession vers la plage. Les gardians à cheval entrent dans l’eau pour l’entourer, et un prêtre bénit la mer. Cette procession de Sara a été instituée en 1935.
Le 25 mai, jour des saintes
Le 25, après la messe solennelle, la barque des deux saintes est portée à son tour jusqu’à la mer, entourée des gardians, des Arlésiennes en costume et de milliers de fidèles. Bénédiction de la mer, du pays et des pèlerins, puis retour à l’église. L’après-midi, les châsses remontent vers la chapelle haute.
Le 26 mai
Le lendemain, les gardians rendent hommage au marquis Folco de Baroncelli, manadier et poète qui défendit les traditions camarguaises et la place des gitans dans le pèlerinage, avec des jeux de gardians et des chevaux dans les rues.
Le pèlerinage d’octobre
Le dimanche le plus proche du 22 octobre, la ville honore Marie Salomé. Même rituel de la descente des châsses la veille, même procession vers la mer, mais sans la grande présence des gens du voyage. L’ambiance est plus provençale : gardians, Arlésiennes, tambourins et fifres. Pour un pèlerin qui veut prier sans foule, c’est la date que je recommande. En 2027, ce pèlerinage tombe le week-end des 23 et 24 octobre.
Venir et se loger
Les Saintes-Maries-de-la-Mer se trouvent à une quarantaine de kilomètres d’Arles, reliée par car, et à un peu plus d’une heure de Nîmes ou de Montpellier en voiture. La gare la plus proche est celle d’Arles. En mai, la ville est saturée : comptez des tarifs élevés et réservez plusieurs mois à l’avance, ou dormez à Arles, Aigues-Mortes ou dans les mas des environs. Les groupes paroissiaux viennent souvent en autocar depuis le Languedoc ou la vallée du Rhône pour la seule journée du 25. Le stationnement est limité ; mieux vaut arriver tôt ou utiliser les parkings à l’entrée de la ville.
- Prévoyez de l’eau et un chapeau : le soleil de mai est déjà fort sur la plage.
- Les moustiques de Camargue sont redoutables à la tombée du jour.
- La foule peut être dense lors des processions : venir en famille avec de jeunes enfants demande de choisir un point fixe et de s’y tenir.
Un pèlerinage parmi les sanctuaires de Provence
Parmi les sanctuaires de France, peu mêlent ainsi foi catholique, culture des voyageurs et traditions camarguaises. Les Saintes-Maries s’inscrivent aussi dans une géographie provençale de la tradition des amis de Jésus : la Sainte-Baume et Saint-Maximin pour Marie-Madeleine, Tarascon pour Marthe. Les pèlerins qui disposent de quelques jours combinent volontiers ces étapes, tout comme les Bretons associent leurs pardons de l’été.
Questions de pèlerins
Quelles sont les dates du pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer ?
Le grand pèlerinage a lieu les 24 et 25 mai chaque année, quel que soit le jour de la semaine. Un second pèlerinage se tient le dimanche le plus proche du 22 octobre.
Qui est sainte Sara ?
Selon les traditions, elle était la servante des saintes Maries ou une femme du pays qui les accueillit. Patronne des gitans, elle est vénérée dans la crypte de l'église sans avoir été canonisée.
Où dormir pendant le pèlerinage des Saintes-Maries ?
Les hôtels du village se réservent des mois à l'avance pour le mois de mai. Arles, Aigues-Mortes et les mas camarguais offrent des solutions de repli à moins d'une heure.
Peut-on assister à la procession à la mer ?
Oui, les processions sont publiques et gratuites. Pour être au premier rang sur la plage, il faut arriver tôt et accepter de marcher dans le sable avec la foule.