Pardons de Bretagne : Sainte-Anne-d’Auray, le Folgoët, Tréguier
Un pardon breton est une fête religieuse paroissiale ou diocésaine en l’honneur d’un saint patron, d’une chapelle ou de la Vierge : confessions, messe solennelle, procession avec bannières et costumes, puis repas et danses sur le placître. Les trois plus suivis de Bretagne se tiennent à Sainte-Anne-d’Auray fin juillet, au Folgoët début septembre et à Tréguier en mai, pour la Saint-Yves.
Un pardon, concrètement
Le mot renvoie au pardon des péchés : à l’origine, la fête était liée à une indulgence accordée aux fidèles qui venaient prier ce jour-là dans le sanctuaire. Il en reste une structure très stable d’un village à l’autre. La veille ou le matin, les prêtres confessent. La grand-messe suit, souvent en partie en breton. Vient ensuite la procession : croix de paroisse, bannières brodées portées à deux ou trois tant elles pèsent, statues du saint sur un brancard, cantiques en breton, femmes en coiffe et hommes en chupen (le gilet brodé) quand les cercles celtiques participent.
L’après-midi glisse vers la fête : vêpres, salut du Saint-Sacrement, puis fest-deiz, buvette, crêpes. La Bretagne compte des centaines de pardons, des plus modestes, autour d’une chapelle isolée, aux grands rassemblements diocésains. Certains ont une forme propre : à Locronan, la troménie fait le tour d’un ancien enclos sacré, en petite version chaque année et en grande version tous les six ans.
Sainte-Anne-d’Auray, le Grand Pardon des 25 et 26 juillet
Sainte-Anne-d’Auray, dans le Morbihan, est le premier lieu de pèlerinage de Bretagne. La tradition rapporte que sainte Anne, mère de la Vierge, apparut entre 1623 et 1625 à un laboureur, Yvon Nicolazic, et lui demanda de relever une chapelle ruinée. Une statue ancienne fut retrouvée dans son champ en mars 1625 ; le sanctuaire comptait ses 400 ans en 2025. La grande basilique actuelle date du XIXe siècle, et Jean-Paul II y est venu en 1996.
Le Grand Pardon se déroule sur deux jours autour du 26 juillet, fête de sainte Anne et saint Joachim. En 2026, il s’est tenu les 25 et 26 juillet, présidé par l’évêque de Laval. Le programme suit une trame régulière :
- le samedi : confessions l’après-midi, procession dans la ville vers 16 heures, vêpres, messe, puis veillée aux flambeaux avec le récit des apparitions et adoration de nuit ;
- le dimanche : laudes, messe en breton à 9 heures, procession, messe pontificale à 11 heures, chapelet, vêpres solennelles, puis un fest-deiz en fin d’après-midi.
Le sanctuaire organise aussi des pardons de paroisses et de pays tout l’été, et le mémorial voisin rend hommage aux Bretons morts pendant la Grande Guerre. Le Tro Breiz, lui, ne passe pas par Auray : il relie les sept cathédrales des saints fondateurs.
Le Folgoët, pardon diocésain du Finistère
La basilique Notre-Dame du Folgoët, près de Lesneven, est liée à Salaün, un simple d’esprit qui vivait près d’une fontaine au XIVe siècle et ne savait répéter que « Ave Maria ». Selon le récit traditionnel, un lys portant ces mots poussa sur sa tombe après sa mort ; le duc Jean V fit bâtir l’église au siècle suivant. Le nom « Folgoët » signifie « le fou du bois ».
Le Grand Pardon diocésain a lieu le premier week-end de septembre. Celui de 2026 (5 et 6 septembre) comprenait une marche des jeunes au départ de la chapelle des Pardons, une messe en breton le samedi soir, une procession aux flambeaux suivie d’une nuit d’adoration, la messe solennelle du dimanche à 10 h 30 et la grande procession en costumes à 15 heures. Le pique-nique tiré du sac reste la norme, même si une restauration est proposée.
Tréguier et la Saint-Yves
Yves Hélory de Kermartin, prêtre et juriste né au manoir de Kermartin à Minihy-Tréguier au XIIIe siècle, a laissé le souvenir d’un juge qui défendait gratuitement les pauvres. Canonisé en 1347, il est le patron des avocats, des juristes et de la Bretagne. Sa fête tombe le 19 mai ; le Grand Pardon de Saint-Yves se tient le troisième dimanche de mai (le 17 mai en 2026).
Après la messe pontificale dans la cathédrale Saint-Tugdual, le chef du saint, conservé dans un reliquaire, est porté en procession jusqu’à l’église de Minihy-Tréguier, à environ un kilomètre et demi. Des délégations de juristes venues de France et de l’étranger, en robe, marchent dans le cortège, au milieu des bannières paroissiales.
Calendrier des trois grands pardons
| Pardon | Période | Temps forts |
|---|---|---|
| Saint-Yves, Tréguier (22) | 3e dimanche de mai | Procession du chef de saint Yves vers Minihy |
| Grand Pardon, Sainte-Anne-d’Auray (56) | 25-26 juillet | Veillée aux flambeaux, messe pontificale |
| Grand Pardon, Le Folgoët (29) | 1er week-end de septembre | Nuit d’adoration, procession en costumes |
Venir à un pardon : tenue, accès, horaires
Les pardons sont gratuits et ouverts à tous, pratiquants ou non. On y vient en famille, souvent avec pique-nique, chaises pliantes et vêtement de pluie, car la procession sort par tous les temps. Pour suivre l’office dans la basilique, mieux vaut arriver trois quarts d’heure avant la messe principale. Les stationnements sont fléchés mais lointains lors des grands pardons ; à Sainte-Anne-d’Auray, la gare d’Auray est à environ six kilomètres. Beaucoup de paroisses montent en car pour la journée : le pardon reste, en Bretagne, l’occasion la plus simple de faire un pèlerinage diocésain sans quitter le département.
Je garde un faible pour les petits pardons de chapelle, en juillet et août : vingt personnes, un recteur, une bannière, une fontaine. Les mairies et les bulletins paroissiaux en publient les dates au printemps.
Questions de pèlerins
Quelle est la date du pardon de Sainte-Anne-d'Auray ?
Le Grand Pardon a lieu chaque année autour du 26 juillet, fête de sainte Anne, sur deux jours. En 2026, il s'est déroulé les samedi 25 et dimanche 26 juillet, avec veillée aux flambeaux le samedi soir et messe pontificale le dimanche à 11 heures.
Quelle différence entre un pardon et un pèlerinage ?
Le pèlerinage suppose un déplacement vers un lieu saint, parfois long. Le pardon est la fête annuelle d'un sanctuaire breton, avec messe, procession et fête populaire ; on peut s'y rendre en pèlerin, mais beaucoup d'habitants y vont en voisins.
Faut-il être catholique pour assister à un pardon breton ?
Non, les pardons sont ouverts à tous et gratuits. On suit la procession en silence, on évite de couper le cortège pour photographier, et l'accès à la communion reste réservé aux catholiques selon la discipline de l'Église.
Quand a lieu le pardon de saint Yves à Tréguier ?
Le troisième dimanche de mai, au plus près de la fête du saint, le 19 mai. La procession part de la cathédrale Saint-Tugdual après la messe et rejoint l'église de Minihy-Tréguier avec le reliquaire du chef de saint Yves.