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Sac, chaussures et étapes : préparer le Chemin

Par Jacques · mis à jour le 26 octobre 2026 · 5 min de lecture

Un bon sac pour Compostelle fait 30 à 40 litres et ne dépasse pas, chargé avec l’eau, environ 10 % du poids de celui qui le porte : 7 kg pour une personne de 70 kg. Le reste de la préparation tient aux chaussures, aux pieds et à la longueur des étapes. Tout se joue dans les grammes économisés et les kilomètres que l’on accepte de ne pas faire les premiers jours.

Le sac du pèlerin : volume, réglages, poids

Un modèle de randonnée de 30 à 40 litres, avec ceinture ventrale rembourrée et dos ventilé, suffit pour toutes les saisons hors hiver. Au-delà, on finit toujours par le remplir. Essayez-le chargé en magasin : la ceinture doit reporter la plus grande part de la charge sur les hanches, les bretelles servent surtout à stabiliser.

Pour viser le poids cible, pesez chaque objet sur une balance de cuisine et notez-le. Les trois postes lourds sont le sac lui-même, le couchage et l’eau. Un sac de 1,2 kg plutôt que 2 kg, un drap de sac en soie plutôt qu’un duvet en été, une gourde souple d’un litre plutôt qu’une bouteille rigide : ces seuls choix font gagner plus d’un kilo.

La liste qui tient dans 7 kg

  • Vêtements : deux tenues de marche en matière synthétique ou en laine mérinos, une polaire légère, une veste imperméable ou un poncho couvrant le sac, une tenue du soir, un bonnet et des gants en avant-saison.
  • Pieds : trois paires de chaussettes de randonnée, une paire de sandales pour le soir et les douches.
  • Nuit : drap de sac ou duvet léger selon la saison, bouchons d’oreilles, masque.
  • Toilette : savon solide qui sert aussi à la lessive, serviette microfibre, quelques épingles à linge.
  • Pharmacie : pansements double peau, aiguille et désinfectant, bande élastique, crème anti-frottements, vos traitements habituels.
  • Papiers : crédenciale, carte d’identité, carte européenne d’assurance maladie pour l’Espagne, un peu d’argent liquide.
  • Divers : frontale, couteau sans pointe, téléphone et chargeur, petit carnet, bâtons si vous en avez l’usage.

Chaussures et pieds

Le débat entre chaussures de trail et chaussures montantes ne se tranche pas en théorie. Les modèles bas et souples conviennent à la plupart des marcheurs sur les chemins larges et secs ; les tiges montantes rassurent ceux qui ont des chevilles fragiles et sur les pierriers de l’Aubrac ou du Bierzo. Prenez une demi-pointure ou une pointure de plus que d’habitude, car le pied gonfle au fil des heures.

Les ampoules viennent de trois causes : la chaleur, l’humidité et le frottement. Changez de chaussettes à midi, aérez vos pieds à chaque pause longue, traitez la moindre rougeur avant qu’elle ne se transforme en cloque. Une chaussure neuve se rode sur au moins 100 km avant le départ, jamais sur le chemin.

Construire ses étapes quotidiennes

Un rythme de 4 km/h sur le plat, pauses non comprises, reste la base de calcul. Ajoutez une heure pour 400 à 500 m de montée. Une étape de 22 km avec du relief représente donc six à sept heures dehors.

Période Distance conseillée Remarques
Jours 1 à 3 15 à 18 km Le corps s’adapte, les pieds sont fragiles
Jours 4 à 10 18 à 23 km Les douleurs musculaires s’estompent
Au-delà 20 à 28 km Rythme de croisière, un jour léger par semaine

Prévoyez une journée de repos ou une demi-étape tous les sept à dix jours, de préférence dans une ville où l’on visite quelque chose : Conques, Cahors, Burgos ou León. Un tendon douloureux se soigne mieux à l’arrêt qu’en continuant à boiter.

Lisez aussi le profil de l’étape la veille : une journée annoncée à 20 km peut cacher 800 m de montée, et une autre à 27 km rester presque plate. Repérez les points d’eau, les villages avec épicerie et le dernier hébergement avant une longue section déserte, afin de garder une solution de repli si la fatigue ou la météo l’imposent.

Adapter le chargement à la saison

La même liste ne sert pas en avril et en août. Au printemps, l’Aubrac, les Pyrénées et O Cebreiro peuvent offrir du gel le matin, de la neige tardive ou des journées entières de pluie : une couche chaude supplémentaire, des gants et un pantalon imperméable léger trouvent alors leur place. En plein été, la priorité passe à l’eau et à la protection solaire, avec un chapeau à large bord, des manches longues légères et une seconde gourde pour les causses et la Meseta.

En automne, les jours raccourcissent vite à partir d’octobre et une partie des hébergements ferme. La frontale devient indispensable, et un duvet un peu plus chaud évite les nuits froides dans les dortoirs non chauffés. Quelle que soit la saison, un sac étanche intérieur ou de simples sacs de congélation protègent papiers, téléphone et vêtements secs.

Préparer le corps avant le départ

Trois mois avant, commencez par des sorties d’une à deux heures deux fois par semaine. Puis allongez progressivement, avec le sac chargé, jusqu’à couvrir 40 km sur un samedi et un dimanche consécutifs. Cet entraînement teste en même temps les chaussures, le réglage du sac et la résistance des pieds. Montées et descentes valent mieux que des kilomètres sur bitume plat : sur la voie du Puy, ce sont les descentes qui fatiguent les genoux.

Guides papier et applis du Chemin

Un guide papier reste précieux pour repérer les hébergements et l’eau quand le réseau tombe ; une application complète utilement pour la carte et la position. Voici trois outils existants, que les marcheurs utilisent beaucoup. En France, le guide papier domine encore dans les gîtes ; en Espagne, la plupart des marcheurs consultent leur téléphone le soir pour choisir l’albergue du lendemain. J’ai toujours combiné les deux : le livre pour la vue d’ensemble de la semaine, l’application pour vérifier une bifurcation douteuse.

Quel que soit l’outil, téléchargez les cartes avant de partir, et gardez au fond du sac un plan papier de l’étape du jour.

Questions de pèlerins

Quel poids de sac pour faire Compostelle ?

La règle courante est de ne pas dépasser 10 % de son poids, eau comprise, soit 6 à 8 kg pour la plupart des adultes. Au-delà, le dos et les pieds souffrent dès la première semaine. Les services de portage permettent d'alléger quand la santé l'exige.

Faut-il des chaussures de randonnée montantes pour Compostelle ?

Non, beaucoup de marcheurs choisissent des chaussures basses de trail ou de randonnée légère. Les tiges montantes se justifient pour des chevilles fragiles ou sur les portions caillouteuses. L'important est de les avoir rodées sur plusieurs dizaines de kilomètres avant le départ.

Combien de kilomètres par jour sur le chemin de Saint-Jacques ?

La moyenne tourne autour de 20 à 25 km par jour une fois le rythme pris. Les premiers jours, mieux vaut rester entre 15 et 18 km. Certains marcheurs entraînés dépassent 30 km sur les portions plates de la Meseta.

Quel sac de couchage emporter sur le Chemin ?

De juin à septembre, un drap de sac en soie ou en coton suffit dans la plupart des gîtes, qui fournissent souvent une couverture. Au printemps et en automne, un duvet léger de 500 à 700 g apporte du confort. Certains albergues exigent un couchage personnel pour des raisons d'hygiène.

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