Vézelay, colline éternelle et départ de la voie de Vézelay
Le pèlerinage à Vézelay conduit à la basilique Sainte-Marie-Madeleine, perchée sur une colline de l’Yonne, haut lieu du culte de la sainte depuis le XIe siècle et tête de l’une des quatre routes historiques françaises vers Saint-Jacques. On y vient pour une journée de prière, pour la fête du 22 juillet ou pour chausser ses chaussures de marche et prendre la route du sud-ouest, à environ 900 kilomètres des Pyrénées.
La colline de la Madeleine
Un monastère est fondé au IXe siècle par le comte Girart de Roussillon, d’abord dans la vallée puis sur la hauteur. Au XIe siècle, les moines affirment posséder les reliques de Marie-Madeleine, et la papauté reconnaît ce culte vers 1050. Les foules arrivent, et avec elles les ressources qui permettent de bâtir une immense église abbatiale.
Un incendie en 1120 oblige à reconstruire la nef. L’édifice qui en sort, achevé au milieu du XIIe siècle pour sa partie romane, est l’un des sommets de l’art roman bourguignon. Le chœur gothique s’ajoute à la fin du siècle. À partir de 1279, la découverte à Saint-Maximin, en Provence, d’un autre tombeau attribué à la sainte détourne une partie des pèlerins, et Vézelay décline.
La basilique doit sa survie à Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques, et au jeune Eugène Viollet-le-Duc, qui en dirige la restauration à partir de 1840. Elle reçoit le titre de basilique en 1920 et entre avec la colline au patrimoine mondial de l’Unesco en 1979.
Une histoire qui dépasse la Bourgogne
- 1146 : saint Bernard de Clairvaux prêche la deuxième croisade sur le flanc de la colline, devant le roi Louis VII.
- 1166 : Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry en exil, y prononce l’excommunication de proches du roi d’Angleterre.
- 1190 : Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion s’y retrouvent avant de partir pour la troisième croisade.
Ces épisodes expliquent le surnom de « colline éternelle » : un lieu où l’histoire religieuse et politique de l’Europe s’est nouée à plusieurs reprises.
Prier à la basilique aujourd’hui
Depuis les années 1990, les Fraternités monastiques fondées à Paris par le père Pierre-Marie Delfieux, frères et sœurs, assurent la vie liturgique. Les offices chantés, laudes, messe et vêpres, sont ouverts à tous et donnent à la nef sa respiration quotidienne. Un accueil permet de se confesser ou de rencontrer un frère, et les pèlerins à pied peuvent demander une bénédiction avant le départ.
Plusieurs détails attirent le regard :
- le tympan du narthex, où le Christ en majesté envoie les apôtres vers tous les peuples de la terre ;
- les chapiteaux de la nef, dont le célèbre « moulin mystique », où Moïse verse le grain que saint Paul recueille ;
- la crypte, qui conserve un reliquaire de la sainte ;
- le jeu de lumière du solstice d’été, quand les taches de soleil tombant des fenêtres hautes s’alignent au centre de la nef, vers midi.
Le 22 juillet et les grands rendez-vous
La fête de sainte Marie-Madeleine, le 22 juillet, est le temps fort de l’année : pèlerinage, messe solennelle, procession des reliques. En 2027, elle tombe un jeudi ; les célébrations principales se regroupent souvent sur le week-end le plus proche. Vézelay accueille aussi, fin juin ou début juillet, l’un des pèlerinages des pères de famille nés du modèle provençal, ainsi que des marches de jeunes et des groupes paroissiaux tout au long de l’été.
La voie de Vézelay vers Compostelle
Le Guide du pèlerin du XIIe siècle, inclus dans le Codex Calixtinus, cite Vézelay comme point de départ de l’une des quatre routes françaises. La voie actuelle, dite via Lemovicensis ou GR 654, compte environ 900 kilomètres jusqu’à Ostabat, au Pays basque, où elle rejoint les voies du Puy et de Tours avant Saint-Jean-Pied-de-Port.
Le tracé
À la sortie de Vézelay, deux branches se séparent : l’une passe par Bourges, l’autre par Nevers ; elles se rejoignent à Gargilesse, dans l’Indre. Le chemin traverse ensuite le Limousin par Limoges, le Périgord par Périgueux, puis les Landes par Bazas et Mont-de-Marsan.
Le caractère
C’est un chemin calme, moins équipé que la voie du Puy. Les gîtes sont plus espacés, les étapes parfois longues, la solitude plus fréquente. Prévoyez 35 à 45 jours de marche selon votre rythme, une crédenciale tamponnée dès la basilique et un guide à jour des hébergements, car les accueils chez l’habitant changent d’une année sur l’autre.
Les cyclistes disposent d’un itinéraire balisé « Saint-Jacques à vélo via Vézelay » sur environ 420 kilomètres jusqu’à Limoges, en cours de prolongement.
Venir et dormir
Vézelay se trouve à environ 2 h 30 de Paris en voiture. En train, on descend à Sermizelles-Vézelay, à une dizaine de kilomètres, puis on termine en taxi ou à pied par les chemins. Le village propose des chambres d’hôtes, des hôtels et un accueil de pèlerins ; en juillet et lors des week-ends de fête, mieux vaut réserver plusieurs semaines à l’avance.
Questions de pèlerins
Pourquoi Vézelay est-il un lieu de pèlerinage ?
Parce que la basilique revendique depuis le XIe siècle les reliques de Marie-Madeleine. Vézelay est aussi le point de départ de l'une des quatre voies historiques vers Compostelle.
Combien de kilomètres entre Vézelay et Saint-Jacques-de-Compostelle ?
Environ 900 km jusqu'à Ostabat, au Pays basque, puis près de 800 km par le Camino francés. Le total approche donc les 1 700 km.
Quand a lieu le pèlerinage de la Madeleine à Vézelay ?
Autour du 22 juillet, fête de sainte Marie-Madeleine. Les célébrations principales se tiennent le jour même ou le week-end le plus proche.
Comment aller à Vézelay sans voiture ?
En train jusqu'à la gare de Sermizelles-Vézelay, à une dizaine de kilomètres, puis en taxi ou à pied. Les gîtes du village peuvent indiquer les taxis qui assurent la navette.