Hospitalités, malades et bénévoles à Lourdes
Une hospitalité de Lourdes est une association de bénévoles qui accompagne les malades, les personnes âgées et les personnes handicapées en pèlerinage, du départ de chez eux jusqu’à la grotte. Chaque diocèse de France ou presque a la sienne, et le sanctuaire dispose de sa propre Hospitalité Notre-Dame de Lourdes, fondée en 1885. Des milliers de brancardiers, hospitalières, médecins et infirmiers y donnent chaque année une semaine de leur temps, à leurs frais.
Les malades au centre du sanctuaire
À Lourdes, le mot « malade » désigne toute personne qui a besoin d’aide pour faire le pèlerinage : un enfant polyhandicapé, une personne en fin de vie, un paralysé, un vieillard fragile. Dans les célébrations, ils occupent le premier rang ; aux processions, ils ouvrent la marche ; dans les basiliques, une place leur est réservée devant l’autel.
Cette place vient de l’histoire du lieu. Du vivant même de Bernadette Soubirous, dès 1858, des malades viennent boire l’eau de la source et s’y laver. Le Bureau des constatations médicales, créé en 1883, examine depuis les guérisons déclarées, et l’Église en a reconnu 72 comme miraculeuses. Mais pour l’immense majorité des malades, le pèlerinage n’apporte pas de guérison physique ; beaucoup parlent plutôt de consolation, de dignité retrouvée, du simple fait d’être entourés pendant une semaine.
Le 11 février, anniversaire de la première apparition, est aussi la Journée mondiale du malade, instituée par Jean-Paul II en 1992.
Hospitalité Notre-Dame de Lourdes et hospitalités diocésaines
| Hospitalité Notre-Dame de Lourdes | Hospitalités diocésaines | |
|---|---|---|
| Rattachement | Le sanctuaire lui-même | Un diocèse ou un pays |
| Bénévoles | Venus du monde entier, toute l’année | Venus avec le pèlerinage de leur diocèse |
| Missions | Piscines, accueil des pèlerins, gare et aéroport, service d’ordre des processions, accueils des malades | Accompagnement des malades du diocèse, du domicile au retour |
| Durée d’un service | Une semaine environ, à la période choisie | Les dates du pèlerinage diocésain |
L’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes accueille des stagiaires de toutes nationalités qui viennent servir quelques jours au sanctuaire, puis reviennent les années suivantes. Après un parcours de plusieurs années, ceux qui le souhaitent prennent un engagement et reçoivent la médaille de l’Hospitalité.
Les hospitalités diocésaines, elles, fonctionnent au rythme du pèlerinage de leur diocèse. Elles recrutent localement, forment leurs bénévoles pendant l’année et organisent tout le séjour des malades : dossier médical, transport adapté, hébergement, soins, repas.
Où logent les malades
Les malades des pèlerinages ne vont pas à l’hôtel. Ils sont hébergés dans des accueils médicalisés où les hospitalités assurent soins, toilettes et repas, avec des médecins et des infirmiers sur place :
- l’Accueil Notre-Dame, à l’intérieur du domaine, face à la grotte de l’autre côté du Gave ;
- l’Accueil Marie Saint-Frai, en ville, à quelques minutes du sanctuaire.
Les chambres sont souvent collectives et les journées commencent tôt. Le transport se fait en autocar adapté, en avion ou en train, et l’arrivée en gare de Lourdes, avec les fauteuils et les brancards qui descendent des voitures, reste l’une des scènes les plus marquantes d’un pèlerinage diocésain.
Le brancardier et l’hospitalière
Les rôles se répartissent traditionnellement ainsi, même si la frontière entre hommes et femmes s’est beaucoup assouplie :
- Brancardiers : ils poussent les fauteuils et les voitures bleues, ces chariots couverts propres à Lourdes, portent les malades, assurent les transferts entre la gare, les accueils, la grotte et les piscines. Ils encadrent aussi les processions.
- Hospitalières : elles assurent les soins du quotidien, la toilette, l’habillage, les repas, la compagnie et la conversation.
- Équipe médicale : médecins, infirmiers, pharmaciens, souvent bénévoles eux aussi, présents jour et nuit dans les accueils.
- Jeunes : beaucoup d’hospitalités accueillent des lycéens et étudiants, encadrés, qui découvrent ainsi Lourdes de l’intérieur.
J’ai commencé comme brancardier sans rien connaître des transferts d’un lit à un fauteuil. Le premier jour, un ancien m’a montré comment tenir un malade sans lui faire mal ; à la fin de la semaine, je savais pousser une voiture bleue dans la foule de la procession aux flambeaux sans heurter personne. Le soir, les jambes lourdes, on a rarement dormi aussi bien.
Devenir bénévole
Les conditions varient d’une hospitalité à l’autre, mais la démarche suit à peu près ces étapes :
- contacter l’hospitalité de son diocèse, ou l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes pour un service au sanctuaire ;
- remplir un dossier d’inscription, parfois avec une lettre de motivation et un certificat médical ;
- suivre une journée de formation aux gestes de manutention et à l’accompagnement ;
- payer son propre séjour : le bénévole règle transport et pension, souvent au même tarif que les pèlerins, parfois avec une réduction.
Il n’est pas nécessaire d’avoir une formation médicale pour être brancardier ou hospitalière. Il faut surtout une bonne condition physique, de la patience et l’acceptation d’un rythme collectif. Les journées commencent vers 6 heures et finissent après la procession du soir.
Les piscines et le service des bains
Les piscines de Lourdes fonctionnent grâce aux bénévoles, majoritairement de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes. Côté hommes comme côté femmes, des équipes accueillent les pèlerins, les aident à se déshabiller derrière des rideaux, les accompagnent dans l’eau en priant avec eux, puis les aident à se rhabiller. Pour les malades en fauteuil ou sur brancard, des équipes renforcées et un matériel adapté permettent l’immersion en toute sécurité.
Ce service passe pour l’un des plus exigeants et des plus recherchés du sanctuaire : il demande de la discrétion, de la délicatesse et une bonne résistance au froid de l’eau.
Partir comme malade
Pour partir comme malade avec un pèlerinage, la démarche passe par l’hospitalité diocésaine, qui transmet un dossier médical à faire remplir par le médecin traitant. Le coût est généralement du même ordre que celui des autres pèlerins, et de nombreuses hospitalités disposent de fonds de solidarité pour aider ceux qui n’en ont pas les moyens. Les personnes handicapées autonomes peuvent aussi venir en individuel : le sanctuaire propose fauteuils, accès adaptés et un accueil spécifique.
Questions de pèlerins
Comment devenir hospitalier à Lourdes ?
Contactez l'hospitalité de votre diocèse ou l'Hospitalité Notre-Dame de Lourdes. Après un dossier d'inscription et souvent une journée de formation, vous partez avec le pèlerinage ou pour un stage d'une semaine au sanctuaire. Aucune formation médicale n'est exigée pour les postes de brancardier ou d'hospitalière.
Les bénévoles de Lourdes paient-ils leur séjour ?
Oui, dans la grande majorité des cas, les hospitaliers financent leur transport et leur hébergement. Certaines hospitalités proposent un tarif réduit pour les jeunes ou les familles. Le service lui-même n'est pas rémunéré.
Comment emmener une personne malade à Lourdes ?
Le plus simple est de passer par l'hospitalité de votre diocèse, qui organise transport adapté, hébergement médicalisé et accompagnement. Il faut un dossier médical rempli par le médecin traitant, à préparer plusieurs mois avant le départ.
Où dorment les malades à Lourdes ?
Les malades des pèlerinages logent dans des accueils médicalisés, comme l'Accueil Notre-Dame dans le domaine du sanctuaire ou l'Accueil Marie Saint-Frai en ville. Les soins et les repas y sont assurés par les équipes des hospitalités.