Lire le contenu

+Blog

Le pèlerinage des pères de famille à Cotignac et ailleurs

Par Jacques · · 4 min de lecture

Le sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces de Cotignac, façade ocre et clocheton sous un ciel bleu de Provence
Le sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces, sur les hauteurs de Cotignac dans le Var. Source : Wikimedia Commons / FredSeiller / CC0

Le pèlerinage des pères de famille de Cotignac, dans le Var, réunit chaque année le premier week-end de juillet près de deux mille hommes qui marchent trois jours vers Notre-Dame de Grâces et Saint-Joseph du Bessillon. Né d’un vœu en 1976, il a fêté ses cinquante ans en 2026 et a inspiré des dizaines de marches semblables en France et à l’étranger. Pour 2027, le rendez-vous devrait tomber du vendredi 2 au dimanche 4 juillet.

Un vœu devenu tradition

Tout part d’une grossesse difficile. En 1976, un père promet de se rendre à pied au sanctuaire de Cotignac si l’enfant naît en bonne santé. La naissance se passe bien : il marche d’Aix-en-Provence jusqu’à Notre-Dame de Grâces avec un ami, et sa femme et l’enfant les attendent à l’arrivée. L’année suivante, il revient avec quelques camarades. Le petit groupe grossit d’année en année, sans publicité, par le seul bouche-à-oreille entre amis, collègues et paroissiens.

Un demi-siècle plus tard, les organisateurs comptaient en 2024 près de 1 900 marcheurs répartis en une centaine de chapitres. Maris, pères, veufs, jeunes pères ou grands-pères : le pèlerinage ne demande rien d’autre que d’être un homme engagé dans une famille.

Cotignac, un sanctuaire de la Sainte Famille

Le choix du lieu n’est pas anodin. Cotignac est l’un des rares endroits où la tradition rapporte à la fois une apparition de la Vierge et une apparition de saint Joseph.

  • 1519 : le 10 août, Jean de la Baume, un bûcheron, voit la Vierge sur le mont Verdaille. Une chapelle est bâtie, bientôt dotée d’indulgences par le pape Léon X.
  • 1637 : le frère Fiacre, augustin parisien, reçoit en vision un message pour la reine Anne d’Autriche, qui attend un héritier depuis plus de vingt ans.
  • 1660 : Louis XIV, né en 1638, vient en février remercier Notre-Dame de Grâces avec sa mère. Le 7 juin de la même année, la tradition rapporte que saint Joseph apparaît à Gaspard Ricard, un berger assoiffé, sur le mont Bessillon, et lui indique une source.

Le sanctuaire de Notre-Dame de Grâces et le monastère Saint-Joseph du Bessillon, tenu par des bénédictines, forment depuis le terme naturel de ces marches d’hommes, placées sous le patronage de saint Joseph, père nourricier et époux.

Comment se déroule la marche

Les chapitres

L’unité de base est le chapitre : une quinzaine d’hommes, souvent du même quartier, de la même paroisse ou du même cercle d’amis, avec un chef de chapitre et si possible un prêtre ou un diacre. Chaque chapitre part d’un point différent de Provence, choisit son parcours et ses haltes, puis rejoint les autres à Cotignac pour la messe finale.

Le rythme

Le départ se fait en général le vendredi, l’arrivée le dimanche. Les journées alternent marche, chapelet, méditation sur un thème commun (« Ma grâce te suffit » en 2024), confessions en chemin et repas tirés du sac. Les nuits se passent sous la tente, dans des granges ou des salles paroissiales. On parle beaucoup, de sa femme, de ses enfants, de son travail, de sa foi aussi, avec une liberté que permet l’absence de tout regard extérieur.

L’équipement

La Provence de juillet est chaude et caillouteuse. Le sac du pèlerin reste léger : duvet, tapis de sol, deux litres d’eau minimum, chapeau, crème solaire et de bonnes chaussures déjà faites au pied. Les chapitres organisent souvent une voiture d’assistance pour les tentes et le ravitaillement.

Les marches ont essaimé

Le modèle de Cotignac a fait école. Les organisateurs recensaient dès 2023 plus de 15 000 hommes engagés dans environ 70 marches en France, la plupart fin juin ou début juillet. Parmi les destinations les plus suivies :

  • la basilique de Vézelay, en Bourgogne ;
  • Notre-Dame de Montligeon, dans l’Orne, sanctuaire de la prière pour les défunts ;
  • le Mont-Saint-Michel, à travers les grèves ;
  • de nombreux sanctuaires diocésains plus modestes, où les chapitres se forment à l’échelle d’un département.

Le mouvement s’étend aussi à l’étranger, avec des chapitres signalés notamment aux États-Unis, en Pologne, au Sénégal et en Égypte.

Les marches de saint Joseph en mars

Autour de la fête de saint Joseph, le 19 mars, d’autres hommes marchent une journée dans les grandes villes. À Paris, la marche de saint Joseph conduit plusieurs colonnes jusqu’à la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre ; l’édition 2022 a réuni environ 2 000 hommes. Le format est plus court et plus urbain, mais l’esprit est le même : prier ensemble pour sa famille, sous le patronage du père de Nazareth.

Et les femmes ?

Les épouses et mères de famille ont leur propre pèlerinage à Cotignac, à la mi-juin, organisé sur le même principe de petits groupes. Un pèlerinage des grands-parents existe aussi. Les familles qui préfèrent partir ensemble se tournent vers les marches paroissiales et les pèlerinages diocésains d’été, ouverts à tous les âges.

Questions de pèlerins

Quand a lieu le pèlerinage des pères de famille à Cotignac ?

La tradition le fixe au premier week-end de juillet, du vendredi au dimanche. En 2027, cela correspond au 2-4 juillet, sous réserve de l'annonce officielle des organisateurs.

Comment s'inscrire au pèlerinage des pères de famille ?

On s'inscrit en rejoignant un chapitre, souvent par sa paroisse ou par des amis qui y participent déjà. Les chefs de chapitre déclarent ensuite leur groupe auprès des organisateurs.

Combien de kilomètres fait-on au pèlerinage de Cotignac ?

Cela dépend du point de départ choisi par chaque chapitre. Les groupes marchent deux à trois jours en Provence, avec des étapes adaptées à la chaleur de juillet.

Faut-il être catholique pratiquant pour participer ?

Le pèlerinage est catholique, avec messe, chapelet et confession, mais il accueille des hommes de tout cheminement. Beaucoup y viennent en quête plus qu'en certitude.

Poursuivre la route