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VISanctuaires mariaux

Notre-Dame de Guadalupe, à Mexico

Par Jacques · mis à jour le 26 octobre 2026 · 5 min de lecture

Notre-Dame de Guadalupe est vénérée à Mexico, sur la colline du Tepeyac, où la tradition rapporte qu’elle apparut en décembre 1531 à un Indien converti, Juan Diego. Son image, imprimée selon le récit sur le manteau du voyant, attire chaque année plus de pèlerins qu’aucun autre sanctuaire marial. Le 12 décembre, jour de sa fête, la basilique reçoit des millions de visiteurs en quelques jours.

Le récit des apparitions de 1531

Dix ans après la chute de Tenochtitlan, la capitale aztèque, Juan Diego Cuauhtlatoatzin, un Indien nahua baptisé par les franciscains, traverse le Tepeyac à l’aube du 9 décembre 1531 pour aller à la messe. Une jeune femme l’appelle par son nom, en nahuatl, et se présente comme la Mère du vrai Dieu. Elle lui demande d’aller trouver l’évêque, le franciscain Juan de Zumárraga, pour qu’un temple soit bâti à cet endroit.

L’évêque reçoit le visiteur avec méfiance et réclame un signe. Le 12 décembre, la Dame envoie Juan Diego cueillir des fleurs au sommet de la colline, un lieu de rocaille où rien ne pousse en hiver. Il y trouve des roses, les rapporte dans sa tilma, le manteau de fibre d’agave des paysans indiens, et les déverse devant l’évêque. Sur le tissu apparaît alors l’image de la Vierge. Le même jour, selon le récit, elle se manifeste à l’oncle malade de Juan Diego, le guérit et lui donne son nom : Sainte Marie de Guadalupe.

Le texte de référence, le Nican Mopohua, est écrit en nahuatl ; il est attribué à l’érudit indien Antonio Valeriano et fut publié en 1649. Le nom de Guadalupe reste discuté : c’est aussi celui d’un grand sanctuaire marial d’Estrémadure, en Espagne, très cher aux conquérants venus de cette région.

L’image de la tilma

L’image montre une jeune femme au teint mat, les mains jointes, le visage incliné, debout sur un croissant de lune que soutient un ange. Son manteau bleu-vert est semé d’étoiles, et des rayons dorés l’entourent. Les pèlerins mexicains y lisent un langage que les Indiens de 1531 comprenaient d’emblée : une femme plus grande que le soleil et la lune, vénérés par les Aztèques, mais qui prie elle-même, donc qui n’est pas une déesse. Une lecture répandue voit dans le ruban noir à sa taille le signe d’une femme enceinte.

La tilma est exposée au-dessus du maître-autel de la basilique, derrière une vitre. Pour la voir de près sans arrêter la circulation, les visiteurs passent sur des tapis roulants installés sous l’autel : quelques secondes face à l’image, puis on revient pour prier dans la nef.

Reconnaissance et saint Juan Diego

Le culte s’est développé très vite autour d’une première chapelle construite au pied de la colline. Le Saint-Siège a approuvé au XVIIIe siècle une fête et un office propres, puis les papes ont multiplié les titres : patronne de l’Amérique latine sous Pie X, « impératrice des Amériques » sous Pie XII. Jean-Paul II a béatifié Juan Diego en 1990 et l’a canonisé à Mexico le 31 juillet 2002 : il est le premier saint indigène du continent américain. Sa fête se célèbre le 9 décembre.

Les basiliques du Tepeyac

Le sanctuaire forme un vaste ensemble, la Villa de Guadalupe, au nord de la ville.

  • La nouvelle basilique, ronde, inaugurée en 1976, conçue par l’architecte Pedro Ramírez Vázquez. Ses portes s’ouvrent largement sur le parvis pour que la foule suive les messes depuis l’extérieur.
  • L’ancienne basilique, achevée en 1709, penche visiblement sur le sol meuble de l’ancien lac de Texcoco ; restaurée, elle accueille de nouveau des célébrations.
  • La chapelle du Pocito, joyau baroque bâti au-dessus d’une source, couverte de faïences bleues et blanches.
  • La chapelle du Cerrito, au sommet de la colline, à l’endroit où la tradition place la cueillette des roses ; l’escalier qui y monte offre une vue sur toute la ville.
  • Le jardin de l’Ofrenda, avec un ensemble de statues qui représente Juan Diego offrant les roses.

Le 12 décembre, une marée humaine

La fête de Notre-Dame de Guadalupe est sans doute le plus grand rassemblement marial du monde. Dès le début du mois, des groupes arrivent de tout le Mexique, beaucoup à pied après des jours de route, d’autres à bicyclette, certains à genoux sur les derniers mètres. Dans la nuit du 11 au 12, à minuit, des chanteurs célèbres et la foule entonnent « Las Mañanitas », le chant d’anniversaire mexicain, en l’honneur de la Vierge. En décembre 2025, les autorités de Mexico ont annoncé près de 13 millions de visiteurs sur la période de la fête, un record.

Pour un pèlerin européen, le spectacle est saisissant : danseurs en costume préhispanique sur le parvis, groupes paroissiaux qui portent des copies de l’image, familles qui dorment sur des cartons autour de la basilique. Le pèlerinage à pied y prend une dimension populaire que l’on retrouve peu ailleurs. Je n’ai connu de foule comparable, en ordre de grandeur, qu’à Lourdes lors des très grandes années, et encore de loin.

Préparer le voyage

Un vol direct Paris–Mexico dure une douzaine d’heures à l’aller. Les Français n’ont pas besoin de visa pour un séjour touristique court, mais le passeport est obligatoire. La ville est à 2 240 mètres d’altitude : les deux premiers jours, un essoufflement dans les escaliers du Tepeyac n’a rien d’anormal. Le sanctuaire se rejoint par le métro, station La Villa-Basílica, ou en taxi depuis le centre historique.

Les circuits de pèlerinage au Mexique associent souvent Guadalupe à la cathédrale de Mexico, à Puebla et à ses églises baroques, parfois aux pyramides de Teotihuacán. Les conseils aux voyageurs du ministère distinguent nettement les États mexicains : Mexico et les itinéraires classiques ne posent pas les mêmes questions que certaines régions du nord ou du Pacifique, à vérifier avant de réserver. Fatima et Lourdes se préparent en un week-end ; Guadalupe demande un vrai projet, que j’aborderais plutôt avec une agence la première fois.

Questions de pèlerins

Quand a lieu la fête de Notre-Dame de Guadalupe ?

Elle tombe le 12 décembre, jour de la dernière apparition et du miracle des roses selon la tradition. Les célébrations commencent dès la nuit du 11 au 12, avec le chant des Mañanitas à minuit. Saint Juan Diego est fêté le 9 décembre.

Où se trouve la basilique de Guadalupe ?

Au nord de Mexico, au pied de la colline du Tepeyac, dans le quartier de la Villa de Guadalupe. On y va en métro ou en taxi depuis le centre historique en une trentaine de minutes hors embouteillages.

Combien de pèlerins vont à Guadalupe le 12 décembre ?

Les autorités de Mexico ont annoncé près de 13 millions de visiteurs sur la période de la fête en décembre 2025. Sur l'année, la basilique en reçoit plusieurs millions de plus, ce qui en fait le sanctuaire marial le plus fréquenté du monde.

Qui était Juan Diego ?

Un Indien nahua converti au christianisme, à qui la Vierge est apparue en 1531 selon la tradition. Il a passé la fin de sa vie près de la chapelle du Tepeyac. Jean-Paul II l'a canonisé en 2002 à Mexico.

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