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Partir en Terre Sainte en 2026-2027 : formalités et situation

Par Jacques · mis à jour le 26 octobre 2026 · 5 min de lecture

Un voyage en Terre Sainte reste possible en 2026-2027, mais il se prépare avec deux documents sous les yeux : l’avis du ministère des Affaires étrangères, qui déconseille Israël et la Cisjordanie sauf raison impérative, et les conditions d’annulation de l’agence. Côté papiers, un Français a besoin d’un passeport et d’une autorisation électronique, l’ETA-IL, obligatoire depuis le 1er janvier 2025. Les pèlerinages organisés ont repris à petite échelle depuis la fin 2025.

L’avis du Quai d’Orsay à l’automne 2026

La fiche Israël-Palestine de France Diplomatie a été mise à jour le 15 septembre 2026, complétée par une alerte régionale du 10 septembre. Elle classe les zones ainsi :

Zone Niveau
Bande de Gaza et secteur qui l’entoure Formellement déconseillé
Plateau du Golan, frontière avec le Liban Formellement déconseillé
Israël, y compris Tel-Aviv, le lac de Tibériade et la mer Morte Déconseillé sauf raison impérative
Jérusalem Déconseillé sauf raison impérative
Cisjordanie, dont Bethléem et Jéricho Déconseillé sauf raison impérative ; nord (Jénine, Tulkarem) touché par des opérations militaires

L’alerte de septembre précise que la recommandation vaut aussi pour le tourisme et les visites familiales, et rappelle qu’une fermeture de l’espace aérien peut annuler ou reporter des vols pendant plusieurs jours. Ce niveau n’est pas une interdiction : un pèlerin peut partir, mais il le fait en connaissance de cause, et son assurance comme son agence en tiennent compte. La carte évolue ; la consulter la semaine du départ, puis la veille, fait partie de la préparation au même titre que le sac.

ETA-IL, passeport et visa

Depuis le 1er janvier 2025, tout ressortissant français qui se rend en Israël doit demander en ligne, avant le départ, une autorisation électronique de voyage appelée ETA-IL.

  • Coût : 25 shekels, soit quelques euros, payés par carte sur le seul site officiel israélien. Les sites intermédiaires qui facturent davantage n’apportent rien.
  • Validité : deux ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport si elle arrive avant. Un changement de nom ou de passeport impose une nouvelle demande.
  • Passeport : il doit être valable au moins six mois à la date de la demande. La carte d’identité ne suffit pas.
  • Séjour : pas de visa pour un séjour touristique de moins de trois mois ; le visa B/2 est délivré à l’arrivée sous forme de carte, et le passeport n’est plus tamponné.
  • Limite : l’ETA ne garantit pas l’entrée ; la décision finale revient à l’officier d’immigration à l’aéroport.

Dans un groupe, l’agence envoie en général la marche à suivre et vérifie que chacun a obtenu son autorisation avant d’émettre les billets. Faites la demande au moins quelques semaines avant le départ.

Bethléem, la Cisjordanie et les passages vers la Jordanie

Pour un séjour touristique, aucune autorisation spéciale n’est nécessaire pour aller à Bethléem ou à Jéricho : on passe le point de contrôle avec son passeport. Les règles d’entrée en Cisjordanie modifiées en octobre 2022 visent les séjours longs ou professionnels, qui demandent une autorisation spécifique. Les doubles nationaux franco-palestiniens sont traités par Israël comme palestiniens et passent plutôt par la Jordanie.

Trois postes terrestres relient Israël à la Jordanie : Sheikh Hussein, au nord près de Beit Shéan ; Allenby, ou pont du Roi-Hussein, près de Jéricho ; Yitzhak Rabin, ou Wadi Araba, près d’Eilat. Leurs horaires changent pendant le shabbat et les fêtes, et le passage peut être restreint sans préavis. Côté jordanien, le visa coûte 40 dinars, ou il est inclus dans le Jordan Pass pour un séjour d’au moins trois nuits.

Les pèlerinages organisés ont repris

Après octobre 2023, les groupes ont presque disparu : Israël est passé d’environ 3 millions de visiteurs en 2023 à moins d’un million en 2024, et les communautés chrétiennes de Bethléem ont vu certains mois s’écouler sans un seul car. Le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, le 9 octobre 2025, a relancé les départs. Un premier groupe diocésain français est reparti à la fin de 2025, et des agences spécialisées ont recommencé à programmer un départ par mois. Pour Noël 2026, au moins une agence parisienne annonce 1 540 € minimum pour huit jours.

La reprise reste fragile. En mars 2026, la Custodie de Terre Sainte a dû restreindre l’accès au tombeau du Christ pour des raisons de sécurité, sans date de réouverture annoncée à l’époque ; les horaires publiés en août montrent la basilique de nouveau ouverte. Un départ peut donc être confirmé, reporté ou réorienté vers la Jordanie à quelques semaines de la date prévue.

Assurance, annulation et report

Avant de verser l’acompte, trois vérifications :

  1. L’assurance voyage couvre-t-elle une destination déconseillée par le ministère ? Plusieurs contrats d’assistance, y compris ceux liés aux cartes bancaires, excluent ces zones ou plafonnent les garanties. Demandez la réponse par écrit.
  2. Les conditions de l’agence : que se passe-t-il si l’avis officiel se durcit, si l’espace aérien ferme, si le programme doit changer ? Les agences sérieuses proposent un report sans frais ou un circuit de remplacement.
  3. Le vol : direct de Paris, il dure un peu plus de quatre heures. En cas de fermeture de l’aéroport, la compagnie décide des reports ; gardez le contact du correspondant local de l’agence.

Une agence de pèlerinage immatriculée chez Atout France offre la garantie financière prévue par le Code du tourisme : si elle fait défaut, les sommes versées sont protégées. Je ne partirais pas en Terre Sainte cette année avec une structure qui ne peut pas montrer ce numéro.

Sur place : les bons réflexes

  • Suivre les consignes des autorités, israéliennes comme palestiniennes, et repérer les abris de l’hôtel dès l’arrivée.
  • Rester à l’écart des manifestations et rassemblements, en particulier intra-muros à Jérusalem, du jeudi au samedi quand le jour tombe.
  • Garder le passeport sur soi, y compris pour une journée à Bethléem.
  • Vérifier ses vaccins : le ministère a signalé en mars 2026 une hausse des cas de rougeole dans la région.
  • Consulter les sites des consulats généraux de France à Tel-Aviv et à Jérusalem.

Rien de tout cela n’empêche de prier. Sur le Chemin, j’ai vu des pèlerins partir mal informés et d’autres trop inquiets pour profiter de la route ; la juste mesure tient dans une bonne préparation, puis dans la confiance.

Questions de pèlerins

Peut-on aller en Israël en ce moment ?

Oui, l'entrée est ouverte aux Français, mais le ministère des Affaires étrangères déconseille le voyage sauf raison impérative. Des groupes de pèlerins partent avec des agences spécialisées. Il faut vérifier l'avis officiel juste avant le départ.

Combien coûte l'ETA-IL pour Israël ?

L'autorisation coûte 25 shekels sur le site officiel israélien, soit quelques euros. Elle est valable deux ans ou jusqu'à la fin de validité du passeport. Les sites qui demandent plus cher ne sont que des intermédiaires.

Faut-il un visa pour aller à Bethléem ?

Non pour un séjour touristique : le visa délivré à l'entrée en Israël suffit pour passer en Cisjordanie. Le passeport est contrôlé au point de passage. Les séjours longs ou professionnels obéissent à d'autres règles.

Mon assurance couvre-t-elle un voyage en Israël ?

Pas toujours : certains contrats excluent les pays ou zones déconseillés par le Quai d'Orsay. Lisez les exclusions de votre contrat et de votre carte bancaire. Une assurance spécifique proposée par l'agence peut combler le manque.

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