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VTerre Sainte

Jérusalem : Saint-Sépulcre, chemin de croix et mont des Oliviers

Par Jacques · mis à jour le 26 octobre 2026 · 6 min de lecture

À Jérusalem, le pèlerinage tient dans un mouchoir de poche : du jardin de Gethsémani au tombeau vide, il y a moins de deux kilomètres à pied, mais trois jours ne suffisent pas à tout voir. Les pèlerins y suivent les dernières heures du Christ dans l’ordre des Évangiles, du Cénacle au Calvaire. Les horaires publiés à l’été 2026 permettent de caler les messes et les visites sur la journée.

Le Saint-Sépulcre, cœur de la Ville sainte

La basilique couvre sous un même toit le Golgotha, où la tradition situe la crucifixion, et le tombeau creusé dans le roc où le corps de Jésus fut déposé. Constantin y fit bâtir un premier ensemble consacré en 335 ; l’édifice actuel doit la plus grande part de son plan aux croisés, qui le consacrèrent en 1149. L’édicule qui abrite le tombeau a été restauré en 2016-2017 par une équipe grecque, après des décennies sous un cerclage métallique posé par les Britanniques.

En entrant, on trouve la pierre de l’Onction, que les pèlerins touchent et sur laquelle beaucoup posent un chapelet ou un foulard. À droite, un escalier raide monte au Calvaire, avec l’autel latin de la crucifixion et l’autel grec où l’on peut toucher le rocher sous une plaque d’argent. La rotonde de l’Anastasis, à gauche, entoure l’édicule ; la file d’attente pour y entrer, deux ou trois personnes à la fois, dure de quelques minutes à plus d’une heure.

Six communautés sous un même toit

Grecs orthodoxes, latins (les franciscains), arméniens, coptes, syriaques et éthiopiens se partagent l’espace selon un statu quo fixé au XIXe siècle. Chaque communauté a ses chapelles et ses horaires d’encensement. La tradition confie la clé de la grande porte à deux familles musulmanes de la ville, qui ouvrent et ferment la basilique chaque jour. Les franciscains y font une procession quotidienne, à 17 h en été et 16 h en hiver, qui relie les stations à l’intérieur de l’édifice ; les pèlerins peuvent la suivre en silence.

Horaires des principaux sanctuaires

Le Centre d’information chrétien de la porte de Jaffa, tenu par les franciscains, publie les horaires des lieux saints. Version d’août 2026, à revérifier avant le départ :

Lieu Horaires Remarque
Basilique du Saint-Sépulcre 5 h – 20 h 45 en été, fermeture à 20 h en octobre ; 4 h – 19 h en hiver Gratuit, file pour l’édicule
Gethsémani, basilique de l’Agonie 7 h 30 – 18 h d’avril à septembre, 7 h 30 – 17 h d’octobre à mars Grotte fermée de midi à 14 h 30
Dominus Flevit 8 h 30 – 17 h ; pause de midi le vendredi et le dimanche Vue sur la Vieille Ville
Chapelle de l’Ascension 8 h – 17 h Entrée 5 shekels
Cénacle (salle de la Cène) 8 h – 18 h Fermé le jour de Kippour
Tombeau de Marie 8 h – 18 h Sanctuaire grec orthodoxe et arménien

La basilique peut fermer sans préavis pour raison de sécurité : la Custodie de Terre Sainte a dû en restreindre l’accès en mars 2026. Un guide local ou le bureau des pèlerins franciscain connaît la situation du jour.

La Via Dolorosa et le chemin de croix

La Via Dolorosa part du quartier musulman, près de la porte des Lions, et serpente jusqu’au Saint-Sépulcre en quatorze stations : neuf dans les rues, cinq à l’intérieur de la basilique. Son tracé actuel s’est fixé entre le Moyen Âge et le XVIIIe siècle ; il traduit une piété plus qu’un relevé archéologique, et les guides le disent volontiers. La première station se trouve dans la cour de l’école al-Omariya, en face du couvent de la Flagellation, où les franciscains démarrent chaque vendredi leur chemin de croix public, à 16 h en été et 15 h en hiver. Les groupes peuvent les suivre ou faire le leur à une autre heure.

Le parcours traverse un souk : marchands, livreurs à chariot, habitants qui rentrent chez eux. Les pèlerins portent parfois une croix de bois louée sur place, lisent la station et chantent un couplet avant de repartir. Mieux vaut un livret par personne et un groupe resserré : dans les ruelles, dix mètres d’écart suffisent pour se perdre de vue.

Le mont des Oliviers et Gethsémani

En face de la Vieille Ville, de l’autre côté de la vallée du Cédron, le mont des Oliviers se descend à pied du sommet vers le bas, comme Jésus le jour des Rameaux. Les étapes habituelles :

  • La chapelle de l’Ascension, au sommet, petit édifice octogonal aujourd’hui sous administration musulmane, où l’on montre l’empreinte d’un pied dans la roche.
  • Le Pater Noster, sur le site de l’église byzantine de l’Éléona, avec le Notre Père en plus de cent langues sur des plaques de faïence. Le domaine appartient à la France ; ses heures d’ouverture ont été réduites depuis 2024.
  • Dominus Flevit, chapelle en forme de larme où la tradition situe les pleurs de Jésus sur Jérusalem ; sa fenêtre cadre le dôme du Rocher.
  • Gethsémani : la basilique de l’Agonie, dite aussi des Nations, garde devant l’autel le rocher de la prière, et le jardin conserve des oliviers très anciens. La grotte voisine, celle de l’arrestation selon la tradition, se prête aux messes de petits groupes.
  • Le tombeau de Marie, crypte profonde au pied de la colline, partagée entre orthodoxes grecs et arméniens.

Le mont Sion et les quartiers chrétiens

Au sud de la Vieille Ville, le mont Sion regroupe le Cénacle, salle gothique où la tradition place la Cène et la Pentecôte, l’abbaye bénédictine de la Dormition et Saint-Pierre-en-Gallicante, tenue par les assomptionnistes, sur le lieu du reniement de Pierre. Dans la Vieille Ville, l’église Sainte-Anne, autre domaine national français confié aux Pères blancs, jouxte la piscine de Bethesda ; son acoustique fait chanter les groupes les plus timides. Plus au nord, hors les murs, l’École biblique des dominicains entretient la basilique Saint-Étienne.

Usages et règles de la Vieille Ville

  • Tenue : épaules et genoux couverts dans les églises comme au mur occidental ; un foulard dans le sac règle la question pour les femmes.
  • Shabbat : du vendredi soir au samedi soir, pas de photo au mur occidental, transports publics réduits, beaucoup de commerces fermés côté juif.
  • Vendredi midi : la prière à al-Aqsa remplit les rues du quartier musulman ; les groupes évitent alors la Via Dolorosa.
  • Sécurité : les conseils aux voyageurs du ministère recommandent d’éviter les rassemblements dans la Vieille Ville, surtout le jeudi, le vendredi et le samedi en fin de journée.
  • Esplanade des Mosquées : l’accès des non-musulmans se fait par une seule porte, à des créneaux restreints, et la prière non musulmane y est interdite.

Égérie, pèlerine du IVe siècle, décrivait déjà les processions du Vendredi saint entre le mont des Oliviers et le Golgotha. Seize siècles plus tard, les pèlerins de la Terre Sainte refont les mêmes trajets, avec la même foule autour d’eux. J’y retrouve la même leçon que sur les sentiers de Compostelle : on n’avance bien qu’en acceptant le rythme des autres.

Sur le même chemin : Terre Sainte · Bethléem, Nazareth et la Galilée

Questions de pèlerins

Quels sont les horaires du Saint-Sépulcre ?

La basilique ouvre en général vers 5 h en été et 4 h en hiver, et ferme entre 19 h et 20 h 45 selon la saison. Les horaires sont publiés par le Centre d'information chrétien de la porte de Jaffa. Des fermetures ponctuelles restent possibles pour raison de sécurité.

Combien de jours faut-il pour visiter Jérusalem ?

Avec trois jours pleins, un groupe parcourt sans hâte les ruelles intra-muros, les deux collines et leurs sanctuaires. Quatre ou cinq jours laissent le temps d'assister à une liturgie orientale et de revenir au tombeau à l'aube.

Le Saint-Sépulcre est-il gratuit ?

Oui, l'entrée de la basilique est libre. Certaines chapelles annexes ou sites voisins demandent quelques shekels, comme la chapelle de l'Ascension. Les guides et les dons aux communautés sont à part.

Où commence le chemin de croix à Jérusalem ?

La première station se trouve dans la cour de l'école al-Omariya, près de la porte des Lions et du couvent de la Flagellation. Le parcours se termine au Saint-Sépulcre, où sont les cinq dernières stations.

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